28 Mar

Financer Un Mouvement

Présentation des nouveaux partenaires bénéficiaires du Red Umbrella Fund

 

Le Red Umbrella Fund a reçu 130 demandes admissibles de la part des groupes et des réseaux dirigés par des travailleurs du sexe au cours de notre appel mondial de demandes l’année dernière.

Toutes ces demandes ont été examinées et notées par notre  Programme Advisory Committee (PAC)  (Comite Consultatif de Programme) de nos 11 membres et, après plusieurs jours de délibération parmi les activistes des travailleuses et travailleurs sexuels, 26 groupes ont été sélectionnés pour une nouvelle subvention. Nous sommes ravis d’annoncer que le montant total des subventions pour toutes nos nouvelles subventions en 2017 s’élevait à un peu plus d’un million de dollars US !

 En fait, depuis la création du Fonds Parapluie Rouge en 2012, nous avons accordé 129 subventions de financement de base à 91 groupes et réseaux différents pour un montant total d’un peu moins de 4 millions de dollars US.

Choisir la diversité

 Dans la sélection des partenaires subventionnés, le Comité consultatif du programme confirme toujours que la sélection finale atteint une diversité de groupes et de réseaux, y compris ceux qui travaillent au niveau local, comme le Sex Workers Advisory Network of Sudbury (SWANS), à Canada ou Asociación de Trabajadoras Sexuales Trans de Quito dans la capitale de l’Équateur, ceux qui travaillent davantage au niveau national, comme All India Network of Sex Workers (AINSW) en Inde, Desiree Alliance aux États-Unis et Organización Nacional de Activistas por la Emancipación de la Mujer (ONAEM) en Bolivie, ainsi que ceux qui travaillent au niveau régional, comme RedTraSex en Amérique latine.

 En plus d’une diversité de portée, le PAC s’assure que les groupes qui travaillent avec les femmes, les hommes et les travailleuses et travailleurs sexuels transgenres soient tous inclus. Certains nouveaux partenaires bénéficiaires de subventions ont une orientation plus spécifique, comme Ashraya en Inde, qui travaille avec des travailleurs du sexe atteints de SIDA, ou Rainbow Mirrors Uganda, qui se concentre sur les jeunes travailleurs du sexe transgenre. Un autre partenaire subventionné, TAMPEP, a récemment été transformé en un réseau régional de travailleuses du sexe migrantes en Europe.

Enregistrés ou non

La sélection des bénéficiaires comprend certains groupes relativement nouveaux (deux ans ou moins), comme la Coalition des travailleurs du sexe du Surinam (SUCOS) au Surinam et le groupe de travailleurs du sexe migrants Red Edition en Autriche. Environ une subvention sur trois est accordée à des groupes qui ne sont pas officiellement enregistrés, comme l’Asociación de Mujeres Liquidámbar au Salvador.

Les raisons qui poussent à ne pas être enregistré peuvent être multiples ; parfois c’est un choix politique du groupe, dans d’autres cas le processus d’enregistrement est complexe, long, ou l’enregistrement est simplement refusé aux travailleurs/travailleuses du sexe qui s’organisent eux- et elles-mêmes. Pour un peu plus d’un tiers des partenaires subventionnés, comme pour Strumphet Alliance Network aux Fiji, il s’agit de la première subvention internationale que le groupe ait jamais reçue.

D’autres groupes, comme Organisasi Perubahan Sosial Indonesia (OPSI) en Indonésie et Parapli Rouz à Maurice, ont plus d’expérience avec les fonds internationaux, mais ont besoin de la subvention du Fonds Parapluie Rouge pour soutenir leur développement organisationnel et les coûts de défense des droits humains qui sont difficiles à couvrir avec le financement limité des projets et des services qui leur est plus communément accessible.

Sécurité

Alors que tous les partenaires subventionnés travaillent dans des pays où le travail du sexe est fortement stigmatisé et criminalisé d’une manière ou d’une autre, les préoccupations en matière de sécurité diffèrent grandement d’un pays à l’autre. Dans certains pays, la violence contre les travailleuses et travailleurs sexuels est extrêmement élevée, et certains groupes mettent fortement l’accent sur la prévention de la violence et les services de guérison des traumatismes. De nombreux dirigeants du mouvement ont partagé les menaces ou la violence directe liées à leur identité publique en tant que travailleuses et travailleurs sexuels. Ce risque est souvent accru lorsqu’une personne s’identifie avec les communautés LGBTQ ou démontre son soutien aux communautés LGBTQ. Les arrestations arbitraires, les abus policiers et les expulsions de bordel sont fréquents chez beaucoup de nos partenaires subventionnés. Au Bangladesh, par exemple, le HIV/AIDS Research and Welfare Center (HARC) s’est fortement organisé autour des expulsions de bordels. De nombreux groupes limitent leur présence en ligne, et l’un de nos partenaires subventionnés reste anonyme dans nos communications afin d’éviter des répercussions potentielles.

 Visibilité

 

D’autres groupes font beaucoup d’efforts pour accroître leur visibilité publique. Par exemple l’organisation macédonienne des travailleurs et travailleuses du sexe STAR-STAR, a organisé d’impressionnantes manifestations pleines des parapluies rouges et, en décembre 2017, a attiré la visibilité grâce à la performance artistique du Skopje Red Light District, comme le montre cette vidéo. De même, le Men Against Aids Youth Group (MAAYGO) au Kenya, le Sex Worker Advocacy and Resistance Movement (SWARM) au Royaume-Uni et Unidas en la Esperanza (UNES) au Paraguay ont utilisé la vidéo comme outil de diffusion de leurs messages. AMMAR Cordoba en Argentine montre constamment sa présence lors des manifestations, des événements, des festivals et des marchés locaux.

Dilemme

Nous sommes fiers d’avoir pu contribuer à obtenir plus d’argent et de meilleure qualité pour les mouvements de défense des droits des travailleuses et travailleurs sexuels, et nous remercions nos donateurs institutionnels et individuels pour leur soutien. Mais il est également clair qu’il y a encore une lacune importante pour le mouvement dans l’accès aux fonds nécessaires à leur organisation et à leur activisme. Pour les deux tiers des partenaires bénéficiaires de la subvention, il s’agit de leur première subvention du Fonds Parapluie Rouge.

« C’est excitant d’avoir un fonds où nous, les travailleuses et travailleurs du sexe, sommes aux commandes, mais aussi très difficile. Chaque année, nous accordons des nouvelles subventions à des groupes des travailleuses et travailleurs du sexe dans différentes parties du monde et ces groupes font un travail si important. Mais cela signifie aussi que chaque année, nous devons dire  » désolé que vous n’avez pas été sélectionné  » à la majorité des groupes qui postulent et cela est difficile. Nous savons à quel point c’est difficile parce que nous avons eu aussi cette expérience. » Tara Burns, ISC (Comité Directeur International) du Fonds Parapluie Rouge.

Bien qu’il soit formidable de pouvoir soutenir de nouveaux partenaires subventionnés, cela signifie aussi que les possibilités des partenariats à long terme du Red Umbrella Fund n’ont pas été disponibles pour tous les groupes que nous aurions aimé continuer à soutenir.

Plus de subventions

 Le mois prochain, le ISC (Comité Directeur International) du Fonds Parapluie Rouge se réunira pour prendre des nouvelles décisions concernant les stratégies et les priorités du Fonds Parapluie Rouge. Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour vous assurer de ne pas manquer notre prochain appel aux candidatures !

 

Par Nadia van der Linde
Coordinatrice, Red Umbrella Fund

 

Vous trouverez d’autres présentations et informations sur les nouveaux partenaires de subvention de Fonds Parapluie Rouge sur la page Facebook Red Umbrella Fund.